Comores: Elections présidentielles et des gouverneurs des îles. On attend la convocation du corps électoral

Comores

Le processus électoral enregistre un premier raté. La publication du décret portant convocation du corps électoral par le président de l’Union, premier acte concret qui ouvre le calendrier électoral tarde à être signé. Or, conformément à l’accord cadre sur la gestion de la période intérimaire, signé par Beit-Salam et les exécutifs des îles, le corps électoral devait être convoqué hier, 24 août.

Houmed Msaidié, rapporteur du comité de suivi de l’accord, a une autre lecture de la situation. Selon lui, “si le corps électoral n’est pas convoqué à la date prévue, ce serait une violation grave des principes de l’accord“. Il renchérit : “Des rumeurs persistantes indiquent que le chef de l’Etat ne peut pas encore convoquer le corps électoral avant que le budget ne soit pas bouclé.

Or, dans l’histoire de notre république, jamais il n’aurait un lien entre le financement des élections et la convocation du corps électoral “. A l’issue de la rencontre du samedi dernier, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni ) et les partenaires au développement se sont convenus de réviser le budget électoral à la baisse fixé à 2,93 milliards de francs contre 3 milliards initialement. “C’est dans une démarche consensuelle que nous avons travaillé avec les services du Pnud pour boucler le document technique budgétaire”.

Lors de la rencontre du samedi dernier, les représentants des partenaires ont parcouru le budget et plusieurs observations ont été faites“, précise le rapporteur de la Ceni, Idrisse Said Ahmed. Son institution se plaint de “manque“ des moyens matériels et financiers : “Nous manquons de tout ici. On est même dans l’incapacité de produire un communiqué“, a laissé entendre ce responsable de la commission.

Il a été annoncé que le gouvernement a débloqué un fonds provisoire de près de 500 millions de francs pour pallier toutes les difficultés liées aux travaux. En fait, “à notre connaissance, le gouvernement a payé deux mois d’avance pour le local de la Ceni. A part ça, rien“, assure-t-il avant de préciser que les articles 13 et 29 du code électoral stipulent que toutes les opérations électorales doivent être terminées avant la publication du corps électoral

. Or, aujourd’hui les activités de la Ceni tournent au ralenti. Les opérations de révision des listes électorales et de la campagne de sensibilisation ne sont pas encore lancées. “Heureusement que nous sommes encore dans le temps par rapport au calendrier de l’accord cadre qui prévoit que la révision des listes électorale se déroule du 1re juillet au 31 septembre, de même pour les autres activités“, a-t-il dit Le secrétaire rapporteur souligne, en outre, que la Ceni avait écrit une lettre au représentant résident du système des Nations unies, pour lui demander de débloquer des fonds pour lancer la campagne de sensibilisation et l’évaluation des élections passées car il semble qu’il y ait un montant estimé à 200 million de nos francs, un reliquat du budget des élections précédentes. On attend encore une réponse.

De son coté, le ministre de l’Intérieur, Ibrahim Mhouamadi Sidi, dit que les dispositions sécuritaires nécessaires sont entrain d’être prises pour parer à toutes les éventualités. “Je viens d’intervenir à la télévision le lundi dernier pour rappeler à la population que tout le monde doit prendre le problème de la sécurité à bras le corps pour qu’il n’y ait pas des débordements“.

Ahmed Hassani

Source: Al-Watwan 8-25-10