Résolution du Comesa - L'option militaire décriée
La déclaration du Comesa, évoquant, le cas échéant, l'utilisation de la force pour résoudre la situation à Madagascar, est rejetée partout.
Le Marché commun de l'Afrique de l'Est et australe (Comesa) a réussi à se mettre à dos l'ensemble de l'opinion, aussi bien nationale qu'internationale. Plusieurs voix se sont élevées pour critiquer son option d'envoyer des militaires pour régler la situation politique à Madagascar.
«Il est difficile de croire à la venue d'une armée étrangère sur le sol malgache sans l'aval des forces armées locales», a déclaré le premier ministre de la transition Monja Roindefo, hier à son bureau, à Mahazoarivo. «Le Comesa est un groupement économique et Madagascar est un pays souverain», a-t-il continué, laissant entendre une incohérence dans la décision.
Processus de dialogue
À l'instar du chef du gouvernement de la Transition, la déclaration du Comesa, qui s'est réuni au Zimbabwe pendant le week-end, ne fait pas l'unanimité. Le bloc régional avait déclaré que ses membres soutiennent les «efforts pour rétablir l'ordre constitutionnel à Madagascar en examinant toutes les options, y compris la possibilité d'intervention militaire».
La communauté internationale qui prévilégie le processus de dialogue depuis trois mois, a également réagi à l'annonce. «Ce n'est pas une bonne idée», a soutenu Eric Chevallier, porte-parole du ministère des Affaires étrangères français, rapporté par l'Agence France-presse. «Nous préférons le dialogue à toute perspective d'intervention militaire», a-t-il ajouté.
Dramé Tiébilé, émissaire des Nations unies aux discussions en vue de l'adoption d'une charte de transition, abonde également dans ce sens. Il affrme qu'une telle option «n'est pas utile». «Ce qu'il faut faire, c'est soutenir le processus politique actuel», a-t-il continué.
Roland Ratsiraka, vice-président de la Haute autorité de la transition (HAT) profite de l'occasion pour enfoncer le clou contre l'ancien président Ravalomanana, présent au Zimbabwe au moment de la réunion. «L'amnistie ne concerne que la période avant le 31 décembre 2008. Comment amnistier quelqu'un qui appelle à la guerre et qui ne fait pas tout pour se rapprocher?», a-t-il demandé.
Source: LExpressmada 6-10-09

