Interview du chanteur et musicien réunionnais François Dal’s
Les artistes seychellois doivent se connaitre davantage à La Réunion
LA semaine dernière François Dal’s était encore aux Seychelles pour donner des spectacles. Il était à son sixième séjour. D’après lui, c’est l’amour des gens et l’ambiance qui le poussent à venir souvent aux Seychelles.
Seychelles Nation a rencontré ce chanteur multi-style réunionnais qui a su toucher le cœur de nombreuses générations à La Réunion, aux Seychelles, comme en Métropole.
« Je suis toujours très fier de revenir aux Seychelles. Cette fois-ci, je suis venu spécialement pour le tourisme et la musique. »
« Je voulais apporter mon soutien en donnant tous les éléments nécessaires pour qu’il y ait plus de touristes réunionnais qui viennent aux Seychelles. Je ne fais aucun business. Loin s’en faut. Ce qui m’intéresse, c’est aider les Seychelles. Les Seychelles sont aussi mon pays parce que j’ai de la famille ici. Mon arrière-grand père était Seychellois et je me considère par conséquent Seychellois. »
Connu pour ses nombreux tubes tels que ‘Séga Pouette Pouette’, ‘Chaud Devant’, ‘Séga Tipilipe’, ‘La Ficelle’, ‘Ragga String’ et ‘Balancer Séga’, Dal’s nous a parlé de son passage à l’Office du Tourisme des Seychelles. Il leur a fait des suggestions, notamment sur la façon de conquérir le marché réunionnais.
« Pour nous Réunionnais, les Seychelles sont très chers. Moi je suis venu ici plusieurs fois et je me rends compte qu’il y a la haute gamme mais il y a aussi de petits hôtels sympas très accessibles à tout le monde. Au niveau financier, les Réunionnais peuvent mettre de l’argent pour venir aux Seychelles. Je souhaite que d’ici un an ou un an et demi qu’il y ait plus de touristes réunionnais qui viennent aux Seychelles. »
Dans cette perspective, Dal’s espère accueillir des responsables de l’Office du Tourisme chez lui au cours de l’année afin de leur donner quelques ‘tuyaux’ encore.
Dal’s dont le spectacle est basé sur l’ambiance avec des chorégraphies où tout le monde peut participer et s’amuser sans problème dans la joie et la bonne humeur, est catégorique. Ses séjours aux Seychelles ne sont pas dictés par des gains financiers.
« Financièrement, c’est mieux pour moi de rester à La Réunion que de venir aux Seychelles. Mais je viens ici pour passer quelques jours de vacances et changer les idées. Je fais environ 15 spectacles en un seul week-end à La Réunion, mais je n’ai fait que deux le week-end dernier aux Seychelles. Je fais des spectacles pour faire plaisir aux Seychellois. Nous faisons la fête ensemble. C’est donc pour moi plus un coup de cœur qu’une question d’argent. »
Dal’s a réitéré son souhait de voir les artistes seychellois se battre pour se faire connaître à la Réunion.
« À part le groupe Dezi’l que je félicite pour son disque diamant, les artistes seychellois sont très peu connus à La Réunion. Mois je suis connu ici et je suis content. Mais j’aimerais aussi que des artistes seychellois viennent à La Réunion, qu’ils soient connus et qu’ils gagnent de l’argent. Ça va les encourager à faire de la musique. Je sens qu’il y en a qui sont un peu découragés parce qu’ils n’ont pas beaucoup d’espoir. Moi j’ai envie de leur donner de l’espoir.»
A noter que Dal’s a débuté sa carrière avec un album Zouk Love en 2000.
Pour ce chanteur qui a neuf albums à son palmarès, les Seychellois doivent chanter en anglais et se concentrer sur la musique internationale pour se faire connaître.
« Les Seychellois ont un gros potentiel d’anglais. Il faut travailler ça. Toutes les chansons qui marchent en Métropole ou ailleurs sont en anglais. Je suis prêt à travailler avec ceux qui le désirent. Je le ferai gratuitement. Ainsi je me rendrai encore plus utile. »
Pour ce sympathique chanteur réunionnais, le problème de la musique de l’Océan Indien c’est que c’est une musique qui a un rythme à trois temps.
« C’est un rythme compliqué et parfois les Européens ne comprennent pas la danse. Un Réunionnais ou un Seychellois peut bien danser le moutia ou le séga. Mais les Européens arrivent difficilement à s’accommoder à ces rythmes. Les styles comme le Reggae et le Ragga s’exportent beaucoup plus facilement. Ce serait bien de moderniser et de trouver la sauce qu’il faut pour que la musique seychelloise attire tout le monde », a-t-il dit, avant d’inviter les artistes seychellois à envoyer leurs clips à Kanal Austral de la Réunion.
Kanal Austral est une télé qui diffuse tous les clips de l’Océan Indien gratuitement. C’est un moyen pour les Seychellois de se faire connaître mais il n’y a aucun retour financier.
G. G.
Source: NATION 3-6-10


