TROU-AUX-BICHES Protestations des Forces vives
Pas Géométriques : une clôture sur la plage provoque colère
La clôture d'une partie de la plage de Trou-aux-Biches, sur environ 150m carrés constituant les Pas Géométriques, à l'aide de piquets et de cordes par Bertrand Piat, un propriétaire de campement, est contestée par des forces vives et des conseillers des villages de Triolet et de Pointe-aux-Piments/Trou-aux-Biches. En effet, Ashok Fallee et Michael Momine, dans une déclaration au Mauricien cette semaine, parlent de " squatting bourgeois ". Interrogé, hier, le directeur de la Beach Authority, Subash Seeruttun, affirme, pour sa part, que le propriétaire en question est en train de planter de l'herbe afin de contenir l'érosion côtière. Alors que Bertrand Piat affirme au Mauricien : " C'est un bail privé qui lie le gouvernement et moi, la presse n'a pas à en parler. " (voir plus loin)
" C'est du squatting bourgeois ! Ce propriétaire se croit tout permis. Il est inadmissible qu'il empiète de la sorte sur les Pas Géométriques. En aucune façon, la voie publique ne doit être obstruée ", déplore Ashok Fallee, président sortant du conseil de village de Triolet. Abondant dans le même sens, le conseiller de village de Pointe-aux-Piments/Trou-aux-Biches Michel Momine déclare : " Cela n'est pas correct. Ce propriétaire ne doit pas dépasser les limites de ses Pas Géométriques. Depuis l'installation de ces piquets, nous recevons des doléances de la part des résidents du village et même de touristes qui seraient repoussés sur ce bout de plage. Il y a aussi des beach hawkers qui nous expriment leur colère. Nous en sommes très agacés. " Selon lui, " ceux qui osent s'asseoir en bordure de la cour du campement de ce propriétaire sont pourchassés ; je me demande ce qu'il adviendrait au cas où certains oseraient s'aventurer dans l'espace clôturé ". M. Momine estime que les autorités ne devraient pas tolérer des tels actes. " Si les autorités passent sous silence les agissements de ce propriétaire qui a barricadé une partie des Pas Géométriques en face de son campement, comment pourraient réagir d'autres propriétaires de bungalows ? Ne seraient-ils pas susceptibles de suivre cet exemple ? Déjà, nos plages rétrécissent avec l'érosion côtière ; que se passera-t-il dans 10-15 ans ? ", déplore M. Momine, avant d'ajouter : " C'est bien s'il (ndlr : M. Piat) plante de l'herbe pour contenir l'érosion, mais il est inadmissible qu'il interdise aux gens de profiter de cette partie de la plage ".
Outré, Ashok Fallee affirme que des lettres de protestation seront adressées à plusieurs instances décisionnelles : conseil de district du Nord, Beach Authority, bureau du Premier ministre, ministère du Logement et des Terres, Administrations Régionales et au PPS Kalyanee Juggoo. " Dès lundi prochain, nous allons entamer des démarches dans ce sens. Aussi, nous allons inviter le président du conseil du Nord, Ravin Sowamber, à y effectuer une visite ", déclare M. Fallee. Il ajoute qu'une manifestation publique sur cette plage n'est pas à écarter.
Dans une déclaration au Mauricien, Subash Seeruttun affirme : " M. Piat est en train de planter de l'herbe pour prévenir l'érosion. L'herbe et les lianes de batatran sont réputées pour prévenir l'érosion côtière. Verbalement, il m'a fait part de son intention d'enlever les piquets par la suite. " Il dit avoir demandé à Bertrand Piat de formuler sa demande en bonne et due forme par écrit. Enfin, M. Seeruttun indique qu'éventuellement un officier de la Beach Authority y effectuera une visite.
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Bertrand Piat : " Il s'agit d'un bail privé entre le GM et moi "
Sollicité par Le Mauricien, le propriétaire du campement, Bertrand Piat, affirme : " C'est un bail privé qui lie le gouvernement et moi, la presse n'a pas à en parler. C'est une affaire privée. " Il insiste que son contrat stipule que la portion de plage de son bail s'étend jusqu'au high water mark. Il argue que des propriétaires de campements paient à l'Etat " des sommes astronomiques ", situées dans la fourchette de Rs 4M à Rs 5M. " Il est inconcevable que des gens viennent jouer au foot, déposer leurs mobylettes, bicyclettes en bordure de ma cour… ", s'insurge-t-il. Enfin, il fait remarquer que pendant 50 ans, sa famille et lui ont œuvré pour aménager ce bout de plage en face de son campement.
Source : Le Mauricien